Au départ, il était question d’une interview un peu comme Hugues[1] sait les faire : pleine de références à des moments fugitifs, des instants de grâce, d’épiphanies à répétition et d’odes à la gloire du 7ème art. Puis, au fur et à mesure de l’attente dans le petit salon de l’hôtel bruxellois où se déroulaient les interviews, le principe d’une petite conversation (12 minutes 29 secondes, montre en main !) entre gens de bonne compagnie s’est imposé tout naturellement. Extraits choisis.

Bonjour François. Tu sais que notre magazine s’appelle NOW, pour Natives Of Wallifornia. Ca te dit quelque chose, la Wallifornie ?

Oui, je vois bien ce que ça évoque : un esprit ouvert, rieur comme celui des Wallons sous le soleil de Californie. Une belle idée. Même si je ne suis pas fan de l’Amérique ou, en tout cas, de toute une partie de ce que ca peut représenter. Par contre, si on pouvait importer le climat californien, ça donnerait quelque chose de fabuleux !

Le rêve wallifornien… Quand tu étais petit, qu’est ce qui te faisait rêver ?

Le gars à l’arrière du camion poubelle. J’adorais ça : ce mec qui balançait les sacs dans la benne puis qui pouvait remonter sur le camion alors qu’il roulait. Je voulais faire ça comme métier. Puis il y a eu footballeur. Mais là, j’ai tout de suite vu que ça n’irait pas. Et puis cuisinier. J’adore cuisiner. J’adore manger. J’adore le moment du repas. Par exemple, je ne peux pas concevoir qu’on regarde la télé en mangeant. Je ne juge pas ceux qui le font, pas du tout. C’est juste que j’aime cet instant. Même tout seul. Parfois, il m’arrive de manger seul au restaurant et de me dire : « Quelqu’un va arriver. Il va se passer un truc… » Et, même s’il ne se passe rien, ça me fait autant marrer de me dire :  « Ouf, encore un dîner glauque ! »

Finalement, tu n’as rien fait de tout cela…

Non, c’est vrai. Encore que, je mange souvent ! Je voulais faire du théâtre aussi mais je n’en ai jamais fait. J’ai démarré mes canulars au téléphone puis en caméra cachée. Et les propositions de rôles sont venues ensuite mais je n’ai jamais pris de cours. Maintenant, j’ai pris de bonnes résolutions : finir ce que j’ai envie de faire et ne pas perdre de temps avec ce qui me botte moins !

Même sans cours, tu es quand même un des acteurs belges les plus bankable, c’est une preuve suffisante de ton talent ! Au fait, ça se passe comment entre acteurs-belges-qui-ont-réussi-sur-Paris ? Copain-copain ou on se tire dans les pattes ?

Non, on ne se tire pas dans les pattes, pas du tout ! Copain, je ne sais pas : ça dépend des affinités, je suppose. Ben (Poelvoorde) aurait été français, ça aurait été un ami ! Maintenant, je n’aime pas trop l’idée de groupe. Je pense que c’est plutôt une vision du public. Tu sais, il y a derrière cela une étiquette qui sert la mode. Les comédiens belges, cela fait 30 ans qu’ils sont sous les feux des projecteurs et c’est en grande partie grâce à Benoît Poelvoorde. Une mode, ça ne dure pas 30 ans !

Tu seras dans le prochain Jan Kounen ? Vraiment ?

Exactement. Bon, là le film est en montage financier donc on ne sait pas encore vraiment. On s’est déjà vu avec Benoit (Poelvoorde) et François (Cluzet) et on le sent tous bien ! Le problème, c’est qu’il faut monter le projet sans tête d’affiche alors…

Pas de tête d’affiche ?

Pfffff… (Il se marre) Il faut que tu insères une photo de ta tête, là !

Ah ok ! Et avec Benoît, ça sera le premier film où tu partages l’affiche, non ?

Ouais, à part quelques scènes dans Cowboy de Benoît Mariage et Rien à déclarer de Dany Boon… Ici, c’est autre chose, enfin si ça se fait. Disons que l’essentiel de notre carrière ensemble, on ne l’a pas faite dans des films… Plutôt dans les bars !

D’ailleurs, il faudrait qu’on fasse ça : des bières, un bar, toi et Poelvoorde. Avec un compte-rendu dans NOW…

Sans problème. Propose et on dispose !

François Damiens est à l’affiche du film « La famille Bélier » qui sort en salle le 17 décembre et son DVD « François Damiens en Corse » sort le 12 décembre 2014.


[1] Hugues Dayez est critique cinéma et co-présente l’excellente émission “5 heures” sur PureFM avec Rudy Léonet.

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