Ce n’est un secret pour personne : la Wallifornie s’est constituée sur les cadavres des nombreux italiens qui sont venus extraire de ses sous-sols le précieux charbon. A l’époque, personne n’avait pensé les prévenir des risques ou imaginer les indemniser par la suite pour leur santé qu’ils laisseront, invariablement, au fond des mines. Mais bon, ce n’est pas le sujet même s’il me tient particulièrement à cœur. Nous y reviendrons.

De ces territoires constellés de galeries, de terrils, de désillusions mais aussi de solidarité et de joie de vivre, Romano Nervoso en est le rejeton nerveux. Il nous balance son album, Born to Boogie et on est tout prêt à le croire.

Putain, que ça sonne bien : comme si Joe Cocker s’était enfilé Joe Strummer (ou l’inverse) et que la communauté entière du punk US avait infusé dans une canette de Cara Pils. C’est festif, c’est burné tout en conservant cette douceur latine et cette distance ironique propre à tout Wallifornien qui se respecte. Ces innombrables qualités en font une galette qu’on aime réécouter, que ce soit en bagnole, en prenant sa douche ou, comme maintenant en ce qui me concerne, en tapotant sur un clavier.

On retiendra particulièrement les titres « Straight out of Wallifornia » (avec un feat. bien senti de notre Colonel d’Amon Nos-Autes) mais aussi « Rocking Machine », « Under my skin » et la reprise bizarre mais élégante d’Aline de Christophe transfigurée ici en une virginale « Maria ».

Allez, les Walliforniens, écoutez en boucle cet album sur Spotify. Littéralement, écoutez-le en boucle pour que de nombreuses pépettes scandinaves passent dans leurs poches de Louviérois affamés.

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