Stéphanie Sokolinski est comédienne. Enfin, au départ. Un jour, elle balance l’ovni « I’ll kill her » sur MySpace (so 2008 !) qui devient très vite une tube en Europe et en Australie en tournant, ad nauseam, sur les radios hypes. Puis Stella McCartney cale le track pour son défilé printemps-été. Soko explose et place son E.P autoproduit « Not SoKute » dans les premières places des charts en Belgique, France, Suède, Norvège, Allemagne, etc. En plus d’être comédienne, la voilà maintenant chanteuse. Il lui faudra 4 ans pour sortir son premier album « I Thought I Was An Alien » qui ancrera Soko dans le petit monde du coolisme international et des salles hipsters. J’avoue que là, en ce qui me concerne, non : les 15 morceaux de ce premier opus s’enchaînent comme autant d’odes à la mode de l’instant. Pas forcément comme un témoignage de l’époque mais plutôt comme une décalcomanie. Depuis tout petit, j’ai une phobie des décalcomanies. Ceci explique cela. Pourtant, la galette est un succès et le single « We Might Be Dead By Tomorow » s’écoute des millions de fois sur Spotify et Deezer. C’est devant cette implacable démonstration que je me suis rendu à l’évidence : le monde n’en a rien à foutre de mon opinion !

Soko, Le Botanique - Bruxelles / © Bettina Genten

Soko, Le Botanique – Bruxelles / © Bettina Genten

Mais, avec son nouvel album, Soko rompt avec l’ambiance du premier opus composé, pour l’essentiel, de balades neo-folk. Comme un grand coup de poing dans la gueule et, aussi, comme un hommage au rock West Coast, « My Dreams Dictate My Reality » sort avec une dizaine de pépites à l’intérieur et un featuring d’Ariel Pink qui ne passera pas inaperçu. Je dois dire que là, j’y trouve mon compte. Tant d’ailleurs que l’album a tourné en boucle, avec une légère préférence pour les titres « Lovetrap », « Temporary Mood Swings » » et « Who wears the pants ??». La personnalité de la jeune française émigrée aux States m’interpelle. Il faut que je la rencontre et que je lui propose de nous (vous ?) esquisser un autoportrait en 4 mots-clés et autant de polaroïds. Voilà le bazar :

Alien#ALIEN
Je suis un alien. Enfin… I thought I was an alien mais la première chanson de mon nouvel album s’appelle « I Come In Peace » et j’ai fait la paix avec les aliens. J’espère qu’ils feront la paix avec moi aussi.

Dreamer

#DREAMER
« My Dreams Dictate My Reality », ce n’est pas qu’un titre. Je suis tout le temps perdue dans mes rêves. Et mes rêves sont tellement réalistes! Je suis toujours obligée de demander si c’est vrai ou si j’ai juste rêvé. Tout mon album parle de rêves et de visions que j’avais étant petite.

POLA_02#ANTI-SOCIAL
Parfois j’ai du mal à être avec des gens. Enfin, c’est très contradictoire : je peux passer des heures, après le concert, à faire des câlins à tout le monde, être disponible pour chacun mais, après, dès que je sors de ce mode, je ne sais plus parler, je ne veux voir personne. Tout ce que je veux, c’est être toute seule.

#WHITE-GHOT
Je suis un peu allergique au soleil. Bizarre pour quelqu’un qui habite L.A et qui aPOLA_01 enregistré son album sur Venice Beach. Le premier truc que je fais à L.A, c’est me tartiner d’écran total pour ne pas bronzer. Pour être une White Goth.

Soko ne triche pas. Elle travaille pour proposer une musique passionnée et demeure habitée par ce qu’elle propose. On la découvre chef de tribu avec ses musiciens mais aussi rêveuse, ailleurs et pourtant toujours présente. Une personnalité attachante et à laquelle on ne souhaite que du bien.

Sur le web : http://www.s-o-k-o.com/

Ecouter le dernier album de Soko sur Spotify :

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