Qu’on se le dise : Louise Attaque avait tout faux quand ils chantaient que Léa, elle est pas d’accord et pas fute-fute non plus.  Léa, elle est passionnée et passionnante, généreuse et fascinante. Si on ne craignait pas les clichés, on pourrait même la qualifier de rebelle au grand cœur. Une gueule, un personnage, de ceux qu’on ne peut que détester avec ferveur ou aimer passionnément. Jusqu’à l’avoir dans la peau. Parce que Léa Nahon est aussi et surtout une des tatoueuses les plus douées de sa génération.

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Notre rencontre a eu lieu à travers deux océans, convention de tatouage à Montréal oblige. Une conversation entrecoupée des éclats de rire tonitruants de Léa, au gré des coupures sur la ligne. Montréal, elle y est pour quelques semaines, entre un passage en Vendée et un retour à la maison. De sa ville d’adoption, elle dit que « Liège, c’est drôle, on y rencontre des personnages avec des vies délirantes ».

A commencer par elle-même, cette Parisienne devenue tatoueuse comme on tombe amoureuse, au détour d’une rencontre et d’un joli hasard : « Je cherchais un job à mi-temps et j’ai poussé la porte d’un tattoo-shop ».  C’était il y a 15 ans, et depuis, elle n’a jamais raccroché les aiguilles.

Une évidence, pour celle qui a commencé à se tatouer toute seule  à 14 ans avec une aiguille à coudre. Une étoile sur le bras, qu’elle s’était dessinée « après avoir vu comment se  tatouer soi-même dans Cry baby ». Un côté roots qu’elle a gardé dans ses dessins. Des tatouages à mi-chemin entre le croquis et l’œuvre d’art que ses aficionados viennent de loin pour se faire encrer.

« Il y a quelques semaines, j’ai eu un client qui venait d’Australie, j’étais sur le cul. Je crois que des émissions comme L.A. Ink ont contribué a donné un statut de rockstars aux tatoueurs. C’est bien, sauf que dans ces émissions, ils n’en branlent pas une. En vrai, on n’arrête jamais : la journée on tatoue, et le soir, on dessine ».

Quand elle ne parcourt pas le monde à la recherche de chair fraîche à encrer, on peut la retrouver à la Boucherie Moderne où elle fait partie de ces personnages hauts en couleur qui donnent son souffle au quartier des Marolles. Lea_Nahon_beautifulbizarre-10

«  Je fais plein de dessins, et mes clients doivent choisir dedans. Mon style, c’est le dessin pour les flemmards, des croquis bien crades avec plein de ratures dedans. J’ai voulu sortir des tiroirs, montrer aux gens que c’était possible de se faire tatouer autrement ».

Sur l’eau par exemple. « Je suis en train de retaper un bateau pour y installer un studio de tatouage à Liège. Je suis voyageuse dans l’âme, donc je ne peux pas jurer que je ne quitterai jamais cette ville, mais pour le moment, j’y trouve bien mon compte. Le bateau, c’est parfait, ça correspond à un mode de vie nomade qui me plaît ».

Se faire tatouer par une pirate, bercé par la Meuse et le bruit des aiguilles, le summum du cool en Wallifornie. Mais attention, Léa insiste, « mal de mer s’abstenir ».

Vous voilà prévenus.

www.leanahon.com

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