Lionel Lhote, en plus d’être un pur produit de Wallifornie, est un de ces chanteurs lyriques comme on voudrait en rencontrer tant : abordable, affable et pédagogue quand il s’agit d’expliquer au néophyte que je suis les subtilités de son métier peu commun. Bercé dès le plus jeune âge par les mélopées du chant lyrique (ses parents sont chanteurs et professeurs d’académie), Lionel comprend très tôt qu’il veut lui aussi devenir chanteur lyrique. Depuis, il ne cesse de pousser la chansonnette…

NOW : Sincèrement, d’où vient l’idée de devenir chanteur lyrique ? Faut être né dans une autre époque, non ?

Lionel Lhote : Personnellement, je crois que l’envie m’est venue in utero.. Ma mère chantait tout le temps. Mon père également. Avant de naître, j’étais déjà bercé par les airs d’opéra. Tout le temps. Alors la question ne s’est pas véritablement posée. Je chante depuis que j’ai 3 ans et je ne me suis jamais arrêté depuis.

Oui mais, c’est votre choix ou celui de vos parents ?

L.L : Le mien, bien sûr. Même si mes parents sont très fiers évidemment. Mais, il ne suffit pas de naître ou qu’on ait envie de faire de vous un chanteur. Encore faut-il posséder le petit quelque chose qui vous fera reconnaître comme chanteur. On a beau s’entraîner, travailler : si on a pas un brin de talent, une voix qui s’y prête, on n’ira pas bien loin. Malheureusement.

Le choix arrêté, il faut aller à l’école. Ca ressemble à quoi un cursus de chanteur d’opéra ?

L.L : Même si, au moment où j’ai fait mes études on ne commençait pas le travail de la voix chez les hommes avant 16 ans, il vaut quand même mieux avoir une bonne formation musicale avant de démarrer le chant. Pour ma part, j’ai commencé dans la chorale de mes parents puis, les premiers cours de solfège et de piano vers 6 ans et l’académie ensuite. Tout cela en prévision de mon objectif final : devenir chanteur. Mais sans savoir si cela serait possible. Comme je l’ai expliqué avant, si on n’a pas le petit brin de talent, de don, on ne devient pas chanteur… et je ne pouvais pas deviner à l’avance. Heureusement, il semble que j’avais ce petit quelque chose.

Ca semble fort impliquant comme hobby. D’habitude, on fait de la musique quand on est petit comme activité complémentaire.

L.L : C’est vrai mais je ne vivais que pour ça : mes cours, la chorale, le travail à la maison, toutes ces heures n’étaient passées qu’à travailler la musique. A vivre pour la musique. La musique classique parce que niveau pop ou variété, je crois que j’ai écouté mon premier disque vers 17 ans.

Ah ouais, quand même… Entre chanteurs lyriques, c’est la franche camaraderie ou c’est tendu ?

L.L : Ca dépend. C’est plutôt une question d’affinités. Par contre, ce qui est certain c’est qu’avec la raréfaction des lieux destinés à la diffusion d’oeuvres lyriques, une véritable compétition s’engage entre nous. Si on a la chance d’être engagé, on doit sans cesse se dépasser pour montrer qu’on à la droit d’être là mais aussi qu’on mérite mieux. C’est un combat de tous les jours. Du début à la fin.

Frais. Et au quotidien, c’est cool d’être une star de l’opéra ?

L.L : Si je suis en Belgique, c’est cool. Je peux faire ce que j’aime et voir ceux que j’aime. Si je suis à l’étranger, je passe mon temps entre l’opéra et l’appartement mis à ma disposition. Je reviens de Londres où j’ai pu faire venir ma famille pendant les congés scolaires. Mais ce qui arrive le plus souvent, c’est que je me retrouve 6-7 mois sur l’année loin de chez moi. C’est le revers de la médaille, mais une médaille qu’on est peu à retourner : les places sont tellement chères!

Venez applaudir Lionel dans les prochaines productions de l’Opéra Royal de Wallonie à Liège :

Ernani
Composé par Verdi d’après la pièce dramatique de Victor Hugo, Ernani remporte un succès immédiat dès sa création en 1843. L’histoire raconte comment la belle Elvira suscite la passion amoureuse des hommes et particulièrement les destins de trois d’entre eux parmi lesquels Errani, un bandit plutôt excité qui ne calcule pas le mariage de la belle qu’il convoite avec un autre que himself… Autant dire que rien ne va passer ultra crème. Baston & trahisons vont se succéder à foison. YOLO, frère! Du 24/09 au 6/10 2015

Le Barbier de Séville
Certains pensent que Beaumarchais a écrit son Barbier en rêvant à une adaptation pour l’opéra. Un peu comme quand Marc Lévy pond un bouquin et imagine direct la suite sur grand écran. Rien n’est moins sûr : l’important pour Beaumarchais était bien plus de ne pas trahir son propos que la manière dont on pouvait le déclamer. Que rien cependant ne vous empêche d’aller voir Figaro et sa mise en musique par Gioachino Rossini. Prêtez également un oeil attentif au livret de Cesare Sterbini, très fidèle à la pièce originale. Du 18/10 au 24/10 2015

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