Laissons la parole à Samuel Nicolaï, un liégeois qui propose un projet intéressant en ces temps troublés.

« Il est dorénavant un fait que la violence de notre monde nous pose de nombreux et douloureux défis que nous ne pouvons décemment plus éviter. Mais comment faire face aux événements sans se perdre dans les méandres des amalgames et diverses interprétations erronées ?

En présence d’une telle barbarie, nous nous interrogeons sur nos limites : que peut-on accepter ? Comment réagir afin de défendre ce qui nous est cher ? Pas facile de trouver son chemin dans le magma médiatique, le climat de phobie, les larmes ou le sang.

Plus que jamais, il peut être bon d’apprendre à habiter son corps et laisser résonner ce qui nous traverse, pensées et émotions, dans le cadre d’une pratique d’ouverture, simple et claire.Ainsi, la méditation, par un travail d’attention, peut nous aider à renouer avec ce que nous sommes, apaisant troubles et angoisses inutiles. Sans pour autant nous délivrer entièrement de la morsure des événements, il existe un passage plus sage que les autres, intuitivement nous le savons…

Travaillant à partir de la matière même de notre esprit, donnons-nous l’opportunité de reconnaître la source de nos pensées, et à partir de là, trouvons l’espace nécessaire d’où l’on pourra renouveler notre confiance en notre capacité de juger et d’agir au plus juste, en adéquation avec l’être humain que nous sommes et ce qui nous habite, chacun à notre façon. »

Samuel Nicolaï
Pour les Ateliers d’écoute méditative à La Halte

 

Les Ateliers d’écoute méditative, qu’est-ce donc ?

              L’histoire du projet

En janvier 2015, nous avons fondé les Ateliers d’écoute méditative et avons mis en place un partenariat avec le théâtre de La Halte. Fraîchement inauguré, ce lieu de culture et des arts vivants correspondait bien à l’esprit de notre projet. La situation exceptionnelle du bâtiment ajoutait à l’envie de s’y intégrer : au centre de Liège, dans une rue devenue piétonne, derrière l’Opéra royale de Wallonie avec qui le théâtre partage une histoire commune.

Nous avons très vite pu compter sur le bon accueil et le soutien de Cécile Lecuyer, une des trois responsable de l’équipe actuelle. Ainsi, le lieu en tant que tel a été une donnée décisive dans la fondation du projet.

A cette époque, nous étions dans une période difficile. C’était juste après les attentats de Paris, au temps de l’emballement médiatique qui a précédé cette folie, avec son lot de phobies en tous genres. Nous avions d’autant plus envie de sortir de l’immonde climat qui nous entourait en proposant autre chose, un bol d’air frais, dans un espace ouvert et accueillant.

Ainsi, nous avons investi les lieux, d’abord pour un atelier mensuel puis bimensuel. Après quelques tâtonnements, nous avons eu l’impression de trouver la formule qui semblait convenir à ce que nous voulions faire.

            Le projet actuel

Nous louons une salle aux bonnes proportions et bien éclairée. Il y a un beau parquet neuf, des murs tout blancs, de grandes fenêtres. La situation de base est idéale pour y installer le nécessaire à une activité méditative : des coussins et tabourets pour l’assise, quelques chaises pour ceux qui désirent méditer de cette façon (c’est possible), une petite table avec une bougie et un bâtonnet d’encens.

Nous utilisons un petit gong japonais pour rythmer le temps, c’est à dire ouvrir et fermer les deux sessions de méditation que nous proposons dans chaque atelier. Durant les sessions, nous donnons des instructions orales (méditations guidées – parfois à l’aide d’enregistrements audio) en veillant à laisser la place de façon à ce que chacun garde la possibilité de faire sa propre expérience. Une session dure environ vingt-cinq minutes, un atelier complet environ une heure trente.

Nous gardons des temps pour échanger nos impressions, expliquer ce qui fait question, donner quelques conseils ou partager une lecture ou une réflexion touchant à la pratique, à sa dimension d’être, à ce qu’elle appelle.

Nous veillons à garantir une certaine direction dans les échanges, de façon à ancrer la pratique dans une dimension laïque. Tolérant envers les idées et croyances de chacun, nous sommes néanmoins décidé à encourager le libre examen envers l’expérience proposée et les interprétations qui en résultent.

Nous veillons également à garder nos distances avec certaines tendances contemporaines comme la simple et unique recherche du développement personnel ou les approches méditatives exotiques, religieuses ou encore aux objectifs s’éloignant trop de notre terrain d’entente ou du champ de nos compétences.

A notre sens, la méditation est une pratique séculière et humaniste, qui se doit d’être en lien avec les particularités du monde qui l’entoure. Ainsi, elle ouvre une fenêtre d’écoute où se déploie la possibilité de se connecter aux qualités propres de sa dimension de pleine ouverture, à la fois corporelles et spirituelles. Nous pouvons y découvrir un sens de fraîcheur, de curiosité ou encore de dignité, envers soi-même et/ou en lien avec le monde. Partant de là, la pratique peut devenir bien plus qu’une discipline aux airs solennels, en ramenant une présence joyeuse et vivante au quotidien.

            Quelques mots sur la participation de chacun

Samuel Nicolaï est le fondateur et l’animateur de l’atelier. Il veille à la tenue générale du projet. Il reçoit sa formation à l’Ecole Occidentale de Méditation basée à Paris et s’inspire librement de l’enseignement de Fabrice Midal dont il est l’élève depuis 2004.

Né en 1978, il vit et travaille à Liège comme chargé de projets dans le secteur social et culturel.

Chacun est libre d’aller et venir. L’atelier est ouvert à tous et sans conditions, si ce n’est une participation aux frais de cinq euros. Aucun pré-requis n’est nécessaire. Le témoignage de chacun est le bienvenu dans les moments prévus à cet effet. L’écoute ou la confrontation des points de vue nourrit la réflexion, soulève des questions et révèle la qualité du moment. Le principe d’interaction est primordiale car ainsi, le travail peut avancer, le projet évoluer, de fois en fois.

Les personnes qui le désirent et en font la demande soutiennent l’organisation et la logistique de l’atelier. Cela consiste principalement à la mise en place du matériel, au rangement de la salle et à la participation aux réflexions relatives au projet d’ensemble.

Chaque participation est bénévole, y compris celle de l’animateur.

            Les renseignements pratiques

Les ateliers se tiennent généralement le premier et le troisième mercredi du mois (prochain rendez-vous le 2 septembre). L’ouverture des portes est à 20h. La séance dure environ 1h30. La participation aux frais est de 5€ (prévoir le compte juste).

Adresse

Les Ateliers d’écoute méditative

Théâtre de La Halte

Rue de la Casquette n°4

4000 Liège

Bus : 1-4-27 (arrêt Opéra)

Le 02.12 à 20h – Au Théâtre de La Halte (centre ville – Liège)

Pour l’ événement sur Facebook, cliquez ici, pour la page du projet c’est là.

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