Avec une couv’ pareille, de quoi puis-je vous parler d’autre dans mon Brain Juice que de Space Opera bien baveux ? Comment ? C’est quoi le Space Opera ? Mais vous savez déjà de quoi il s’agit évidemment : un sous-genre de la Science-Fiction faisant la part belle aux vaisseaux spatiaux dans un univers colonisé par l’humanité mais aussi peuplé par un tas de races extra-terrestres, voire des robots et des IA en roue libre. Le Space Opera c’est de l’aventure, des combats épiques, des complots politiques à n’en plus finir, le tout baignant dans un certain sens du merveilleux.
Si le genre a évidemment été popularisé par des licences telles que Star Wars ou Star Trek, ces dernières doivent beaucoup à toute la science-fiction des décennies précédentes. En effet, certains font remonter l’origine du Space Opera à 1941, voire 1928 (avec la création de Buck Rodgers, pilote de chasse tombant dans le coma au XXe siècle pour se réveiller au XXVe). Mais nous ne sommes pas là pour faire de l’histoire pardi ! Vous irez bien lire la fiche Wikipedia plus tard…
Que ce soit pour passer un moment de détente avec pop corn et bières ou consommer une authentique œuvre originale désireuse de délivrer ses messages, le Space Opera se pose en champion. Libéré de toute contrainte de réalisme, ce genre permet une totale liberté de création à ses auteurs qui pourront ainsi mieux nous émerveiller et nous surprendre. Et même si vous êtes consternés par des adultes se battant au sabre-laser (119$ quand même…) dans des sous-sols de parkings, vous pouvez, vous aussi, apprécier cette sélection. Allez-y. Y a du bon. Mais pas que… parce quand deux des plus juteuses licences de tous les temps ont pour cadre le Space Opera, ça attire évidemment la convoitise de tâcherons copistes. Sans plus attendre, je vous propose une minuscule sélection dans un genre trop souvent malmené.

SÉRIES TV

startrekStar Trek (1966-1969)
Série TV en 3 saisons créée par Gene Roddenberry
Avec : William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley

Voici la série qui a déclenché deux des plus grands phénomènes culturels populaires du XXe siècle. Parce que, sans déconner, pas de Star Wars sans Star Trek. Mais je ne vais pas vous rabattre les oreilles avec Star Wars, nous allons suffisamment en manger comme ça pendant ce doux mois de décembre.

Carton absolu à l’époque, est-ce encore regardable aujourd’hui, presque 50 ans plus tard ? Les raisons ne manquent pas : nostalgie ou curiosité, vous vous sentez une âme d’archéologue de la télé ou bien vous vous sentez attiré par ces charmantes histoires panachées de nanardise… Toute ironie mise à part, les meilleurs épisodes de Star Trek font bonne figure dans l’univers de la Science-Fiction moderne – de par les thèmes abordés, principalement. La bonne SF ne vieillit pas !

babylon5Babylon 5 (1994-1998)
Série TV en 5 saisons créée par J. Michael Straczynski
Avec : Jerry Doyle, Mira Furlan, Richard Biggs

Le commandant Sinclair prend le commandement de la cinquième génération de la station spatiale Babylon, station située dans une zone neutre de la galaxie et permettant ainsi que l’art de la diplomatie et du commerce s’exercent entre les différents empires intergalactiques. La place du commandant sera d’autant plus malaisée que les ennemis qui se dresseront sur sa route sont issus de son propre camp ainsi que de l’extérieur de l’alliance terrienne.

Série extrêmement exigeante, Babylon 5 a gagné deux Hugo Awards deux années consécutives. Le créateur de la série avait pensé de bout en bout la structure de son œuvre, prévoyant dès le début une série en cinq saisons. On s’en rend compte, par exemple, lorsqu’un événement apparemment anodin de la première saison prend des proportions dantesques dans la quatrième. Sorte de Star Trek modernisé, Babylon 5 brasse avec bonheur de nombreux thèmes. On pourra reprocher à la série d’avoir vieilli mais ce ne sont que les costumes et maquillages dont on parle dans ce cas. L’écriture, le scénario et les dialogues font toujours mouche.

rickandmortyRick and Morty (2013-…)
Série animée en cours de diffusion créée par Dan Harmon et Justin Roiland
Avec les voix de : Justin Roiland, Chris Parnell

Rick, savant fou mais également génial, alcoolique, sociopathe et fauché, habite chez sa fille, mariée à un tocard et mère de deux enfants. Le garçon, Morty, accompagne Rick dans ses voyages intersidéraux et interdimensionnels… parce que quelqu’un doit sauver le monde. Ou Rick. Ou peut-être quelque chose entre les deux.

Série hilarante issue notamment du cerveau du créateur de la série Community, Rick and Morty réussit à être subversif et monstrueusement drôle. Il faut voir Rick expliquer à l’aide de formules mathématiques à ses deux petits-enfants pourquoi ce sont deux sacs à merde pour comprendre. Aucune limite n’est autorisée à l’univers délirant de Rick and Morty, c’est précisément ce qui la rend attachante. Attention, certains épisodes, alors lorsque vous rirez aux larmes, vous prendront par surprise pour vous foutre un cafard pas possible. Mon plus récent coup de cœur.

CINÉMA

forbidden planetForbidden Planet (1956)
Réalisé par : Fred Wilcox
Avec : Walter Pidgeon, Leslie Nielsen, Anne Francis

Suite au silence radio de la colonie d’Altair IV, une expédition, menée par le Commandant Adams (incarné par Leslie Nielsen, ici tout à fait sérieux… oui, ça fait bizarre au début) mène l’enquête sur place. L’équipage et son meneur découvriront vite que le Docteur Morbius et sa magnifique fille sont les seuls survivants. Que s’est-il passé et que cache le Docteur ?

Impossible de vous énumérer tous les films et séries qui se sont inspirés de Forbidden Planet. On se trouve ici face à la quintessence de la SF des années ’50. Devenu culte au fil des années et amassant de plus en plus de fans, les hommages (qui accompagnent souvent le pillage) ne manquent pas. Robbie le robot, la civilisation extra-terrestre disparue, le savant fou, l’ingénue, l’exploration spatiale et la colonisation de planètes… tout est là. La série originale Star Trek lui doit énormément aussi, évidemment. Le classique des classiques du genre.

jupiterascendingJupiter Ascending (2015)
Réalisé par : Lana et Andy Wachowski
Avec : Mila Kunis, Channing Tatum, Sean Bean

Bon… par où commencer ? Disons qu’une femme de chambre (incarnée par Mila « je ferme à moitié l’œil gauche si je veux » Kunis) découvre qu’elle est en fait l’héritière d’une puissante famille noble intergalactique possédant de nombreuses planètes dans l’Univers, dont la Terre. Un surfeur aux bottes antigravités et aux oreilles pointues (ça fait extraterrestre) vient la sauver des griffes des vilains méchants qui ne veulent pas partager.

L’unique raison de mon choix de cette catastrophe industrielle dans ces quelques pages est de vous montrer le parfait exemple de ce qu’il ne faut pas réaliser. Ce film personnifie la raison pour laquelle la Science-Fiction est conspuée dans certains milieux. Rien n’est à sauver dans ce naufrage : ni les hideux décors, ni les clichés grotesques, ni les intrigues jamais abouties, ni les principaux acteurs, au charisme proche de celui de la méduse. A éviter à tout prix.

Galaxy-QuestGalaxy Quest (1999)
Réalisé par : Dean Parisot
Avec : Tim Allen, Sigourney Weaver, Alan Rickman

Des vieilles gloires d’une série de télévision de Science-Fiction sont enlevées par une race extraterrestre qui pense, à cause des épisodes arrivés jusque chez eux, qu’ils sont les seuls à les sauver d’une fin certaine.

Comédie délirante et réussie, Galaxy Quest séduit par son humour omniprésent. Evidemment, il est bon d’avoir quelques notions de SF afin de comprendre certaines références mais les profanes ne sont pas laissés sur le côté. Star Trek est particulièrement visé par cette parodie – c’est même assez proche de la réalité en ce qui concerne les tensions entre les membres de l’équipe représentés ici. Une très bonne surprise à sa sortie à l’époque et un film qui ne vieillit pas vraiment, ses thèmes et son humour restant d’actualité.

LITTÉRATURE ET BD

dune1Dune (1965)
Ecrit par : Frank Herbert

Premier roman du Cycle de Dune de Frank Herbert, Dune, immense roman couronné du Prix Hugo en 1966 (les meilleurs romans de SF reçoivent ce prix) raconte les aventures de Paul Atreide. Sa famille a reçu la charge d’Arrakis, planète-désert hébergeant l' »épice », produit nécessaire au voyage dans l’espace. Cette planète est l’enjeu de luttes sans pitié entre familles impériales.

Raconter l’histoire de Dune est impossible en quelques lignes tant les intrigues sont nombreuses et fournies. Le nombre des personnages et des factions vous donneront le tournis. Fouillé mais passionnant de bout en bout, Dune reste probablement un des meilleurs représentants du Space Opera en littérature. Il sera malheureusement suivi de nombreuses suites peu recommandables.

hyperionLes Cantos d’Hyperion (1991-1998)
Ecrit par : Dan Simmons

Cycle époustouflant comprenant quatre romans, Les Cantos d’Hyperion commencent par le voyage de pèlerins sur la planète Hyperion. Chacun d’entre eux possède un point de vue unique, une raison personnelle pour laquelle il effectue le pèlerinage. Cela constituera la particularité de la structure narrative du premier volet de la saga.

Empreints de mysticisme, d’un sens du grandiose et d’un souffle épique, les Chants d’Hyperion présentent un univers extrêmement complet, complexe et pensé jusqu’en des détails apparemment insignifiants. Couronnée de très nombreux prix, cette saga devrait trouver sa place dans toutes les bibliothèques.

incalL’Incal (1981-1989)
Ecrit par : Alexandro Jodorowsky
Dessiné par : Moebius

Sans aucun doute une des séries de BD les plus mystiques que je connaisse, L’Incal raconte les aventures de John Difool. Détective minable (de classe « R », c’est dire !) évoluant dans un futur lointain, c’est le cas typique de l’anti-héros lâche et égoïste qui rencontre un destin beaucoup trop grand pour lui en entrant en possession de l’Incal Blanc, objet visiblement doté de grands pouvoirs. Rien ne sera plus jamais pareil.

A travers un univers complétement barré, Jodorowsky nous parle politique, mass medias, psychologie, alchimie… et j’en passe. On pourrait s’attendre à une série ésotérique complétement opaque (Jodorowsky a quand même commis Holy Mountain) mais non, l’histoire peut être lue au premier degré avec plaisir. Cependant, à force de lire et de relire ses pages, de dévoiler ses références, de comprendre ses messages cachés, L’Incal vous livrera ses secrets. Une œuvre majeure de la BD, incontestablement culte.

Alexandre S.

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