Des Stan Smith sinon rien !

Si vous ne vivez pas en Antarctique, si vous n’êtes pas mal voyant, si vous n’élevez pas bénévolement des lamas en Bolivie , vous n’avez pas pu éviter le phénomène des sneakers blanches, cette malédiction qui est tombée sur la Wallifornie et ailleurs il y a quelques mois, lancée par Stan Smith lui-même, ou presque, ses soldats.

Blanche, sobre, à lacets, blancs eux aussi, plate, basse, toute vêtue de cuir, modifiée de quelques trous sur les côtés, sa marque de fabrique, une touche de couleur rouge, vert ou bleu sur laquelle sont creusées ces quelques lettres qui résultent les deux mots STAN SMITH  à l’arrière de cette petite pépite, l’autre marque de fabrique, tel est le portrait sans retouche de la Stan Smith adorée de tous, ou pas.

Véritable star du moment, la Stan Smith vole la vedette à la Converse et la New Balance sans se retourner. Mais qui est-elle vraiment? Portait d’une célébrité surmédiatisée que tout le monde porte dans son cœur et à ses pieds.

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La Stan Smith n’est en fait pas toute jeune puisqu’elle est née en 1964. Hissée au rang de légende et à la réputation d’indétrônable, la Stan Smith n’a pas pris une ride et revient au devant de la scène pour mettre d’accord le commun des mortels avec les plus grandes personnalités.

Revenons quelques années en arrière, petit cours d’histoire… C’est en 1971 que la première ébauche de la Stan Smith est commercialisée, elle s’appelle Roger Haillet et est destinée aux tennismen. Tout de suite, elle s’impose comme la première paire conçue pour la pratique du tennis de haut niveau. Rien que ça… MAIS! 7 ans plus tard, Adidas signe un contrat avec Stanley Smith, le meilleur tennisman de l’époque. C’est ainsi que la basket Roger Haillet est rebaptisée et qu’Adidas donne naissance à un mythe. Les ventes décollent, la Stan Smith devient un véritable accessoire de mode. En 1980, elle continue son petit bonhomme de chemin et symbolise alors la culture contestataire. Pendant 10 petites années, le Stan Smith se fait un peu oublier, un tout petit peu, avant de revenir dans My Adidas de RUN DMC puis dans Je danse le MIA de IAM et même dans le film La Haine avec Vincent Cassel (pièce à conviction juste ici en dessous).

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En 2011, c’est l’apocalypse. Adidas annonce la fin de la fabrication de la légendaire sneaker. C’est la fin d’un ère, RIP Stan Smith.

Hallelujah, she’s back!

Après un bon coup marketing de la part des petits soldats de Stan Smith, à savoir faire disparaître la Stan Smith des esprits pour revenir en force, la Stan Smith reprend sa place aux rangs des vainqueurs. La Stan Smith est moderne et Vintage, se porte avec tout, jeans, short, jupe, robe, tout ça tout ça, s’associe à toutes les couleurs, la Stan Smith devient l’objet de tous les désirs. On dit au revoir à l’iPhone, à la veste Moncler, au pull Kenzo, aujourd’hui ce qu’on veut, c’est la Stan Smith. Petits et grands se l’arrachent, les modèles, les couleurs, les styles se multiplient par centaine chez Adidas pour le plus grand bonheur des collectionneurs de sneakers. Jamais je n’aurais pensé être jalouse des pompes d’un petit bout de 5 ans dans la file du McDo… Il a des Stan Smith à scratch, je les veux ! Mais la réputation de la Stan Smith prend un autre tournant en quelques mois. Symbole du hipster, au 21ème siècle, si tu veux être cool, il te faut des Stan Smith. Bye bye la différence, bonjour l’uniforme. Plus de 70 millions d’exemplaires ont été vendus depuis sa création… Je vous laisse imaginer à quoi ressemble la Wallifornie, été comme hiver, fille ou garçon, tous ces petits pions se déplacent, taches blanches aux pieds, et laissent une trace gluante de conformisme derrière eux.

On laisse le bénéfice du doute aux hipster, les vrais, les purs, aux amoureux du Vintage qui dégotent de vraies anciennes Stan Smith, qui fouinent les brocantes, fréquentent les secondes mains, ou juste à ceux qui aiment la Stan Smith, qu’elle soit à la mode ou pas. Mais on vous déconseille vivement d’aller à la sortie d’une école entre 15h et 16h, vous risquez de vous heurter à des petites choses qui refusent catégoriquement l’uniforme scolaire sans savoir pourquoi mais qui revendiquent fièrement leur amour pour les « Adidas blanches que j’ai reçu à Noël ».

Finalement, si la Stan Smith n’est plus exactement ce qu’elle était, elle reste l’accessoire culte de la mode. La Stan Smith, c’est un peu comme Gwen Stefani. Elle a eu son heure de gloire qu’elle méritait amplement, elle n’a pas pris une ride mais n’est plus ce qu’elle était.

Allez, salut.

Crédits photo : © Getty

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