L’art dans tous ses états

Ce jeudi, j’ai été faire un petit tour dans la capitale – Bruxelles, ma belle – et plus précisément Rue de Stassart à  Ixelles. Je ne vais jamais à Bruxelles, c’était donc une aventure parce que le train, le métro, tout ça tout ça. Mais ce que j’ai découvert au bout de cette longue rue en valait la peine. Roulement de tambour…

THE PAINTERS PROJECT

J’ai rencontré Eric Ceccarini qui n’est autre que le papa de ce beau projet The Painters Project. Ce jeudi avait lieu le vernissage de ses photos à la belle et vitrée Travel Gallery de Bruxelles. Alors avant tout, comment on se fringue pour un vernissage ? J’arrive, il est 19h10 ou quelque chose comme ça. J’aperçois une dizaine de personnes par la fenêtre, pas plus. Je rentre, Eric m’accueille de suite, très amicalement, souriant, impressionnant.

La galerie est petite mais bien agencée. Une dizaine de tableaux sont suspendus au mur. Je commence mon petit tour, les yeux grands ouverts. Les photos sont impressionnantes. Grandes, foncées et lumineuses, noires et colorées, créatives, originales, la beauté de ce que j’ai devant les yeux me laisse sans voix.

Au milieu de la pièce principale, un écran plat nous propose un film qui montre toute la réalisation du travail abouti et présenté ce soir. Les peintres en action, minutieux, les modèles devenus objets d’art contemporain, le photographe, dans son élément, à l’œuvre.

La salle se remplit très rapidement. Après m’être laissée absorber par la vidéo pendant une dizaine de minutes, je me retourne et la salle est pleine. Escarpins et tailleurs m’entourent, mais rien ne me séparera de mes baskets. Il doit y avoir 200 personnes. Je me dirige – faufile – à l’autre bout de la pièce qui donne sur une petite cour. Si on la traverse, on arrive nez à nez avec le bar et un gentil monsieur qui propose du Prosecco. On ne va pas se priver quand même ! En plus, Eric s’assure que je ne bois pas de l’eau.

J’arrive à avoir l’homme le plus convoité de la soirée au bout de mon micro, ou plutôt de mon iPhone. C’est le moment d’en savoir plus sur The Painters Project. En fait, ce projet est né il y a déjà 3 ans. Alors qu’il paraissait impossible à achever, aujourd’hui Eric dépasse le nombre de photos qu’il pensait réaliser au départ. Et lorsqu’on lui demande d’où vient cette idée, il n’y a qu’une seule réponse : de ses tripes. « J’aime beaucoup ce projet parce que, se retrouver à 3 – le modèle, le peintre et le photographe – c’est un peu inhabituel. On transgresse la règle qui veut que le peintre regarde le modèle et peint sur sa toile alors que là, le peintre pose son pinceau sur le modèle. »

Il y a des enjeux, il y a des stress, il y a beaucoup de rires, il y a beaucoup d’émotions.

Vous remarquerez sur les photos que tous les modèles sont d’origine africaine. En fait, c’est la galerie qui a sélectionné uniquement des photos de modèles noires. Mais Eric nous confirme que sur les corps black, tout ce qui est dessin ressort beaucoup plus fort, beaucoup plus contrasté. Son projet, Eric le veut universel. Modèle ou peintre, il ne s’arrête pas aux frontières.

LA PEINTURE 2.0

99% des peintres qui ont contribué au projet d’Eric n’avait évidemment jamais peint un corps humain. Peinture 2.0 ou tatouage effaçable, Eric nous en parle : « C’est parfois avec un peu de stress, parfois avec un peu de tremblement dans le pinceau que ça débute parce qu’il faut démarrer quelque part, et puis c’est un corps, c’est un cœur qui bat, c’est de la chaleur. »

C’est un Eric au t-shirt noir à tâches de peinture colorées qui répond à nos questions. Hasard ou fait exprès ? On lui a tout simplement demandé.

Quand j’ai vu ce t-shirt dans ce magasin, je me suis dit : Ah ben voilà il est fait pour moi. C’est The Painters Project.

Au cours de la soirée, j’ai aussi eu la chance de rencontrer un peintre belge qui fait partie du projet, Jean-Louis Boccar. Un homme chaleureux, positif, et extrêmement drôle. Parmi cette foule de gens sérieux, il y avait donc aussi cet homme lumineux qui m’a bien fait rire. Nous parlions au dessus des marches d’un petit escalier lorsqu’il me dit : A votre place, je resterais toute la soirée ici. Tout le monde se pète la gueule sur cette petite marche. This is the place to be !

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C’est donc à l’issue de cette soirée mondaine à la Gossip Girl, qui a attiré toutes les générations à venir contempler l’art d’Eric, où l’hypocrisie à croisé la gentillesse, où l’arrogance s’est mélangée aux compliments, que j’ai découvert le talent d’Eric, son coup d’œil, sa créativité et sa passion.

L’expo restera Rue de Stassart, 100 à Ixelles jusqu’au 23 avril. Si vous êtes curieux, si vous aimez la peinture et la photographie, si vous aimez Bruxelles, si vous aimez la vie, si vous aimez les chats, je vous conseille cette belle expo ! Elle est de petite taille mais elle vaut le coup d’œil.

Allez, salut.

Crédit photos : ©Gaëtan Demarteau

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