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Pour ce premier numéro de Now Experience, une équipe de deux reporters assidus du Now Magazine, en quête d’aventure insolite, s’est risquée à la découverte de l’exploration urbaine. Accompagnés de deux fervents adeptes de la discipline et lourdement équipés de leurs chaussures de combat et de leurs appareils photo, nos deux novices ont découvert un univers artistique aux particularités temporelles déroutantes.

Si le terme « Urbex » ne vous dit rien, pas de panique, c’est tout à fait normal. Pour remédier à cette lacune, laissez-moi vous renvoyer sur un précédent article publié ICI même.

Ce même article nous dit d’ailleurs très justement :

« L’Urbex (Urban Exploration ou exploration urbaine) consiste à s’inviter dans des lieux façonnés par la main de l’homme, généralement abandonnés et, la plupart du temps, interdits aux promeneurs lambda. En fait, il s’agit d’aller explorer des constructions (usines, ponts, entrepôts, gares désaffectées, …) où vous n’auriez jamais imaginé promener vos Stan Smith. Tout ça pour le fun et l’impayable sentiment de ressortir plus grand, plus humble et, aussi, doté de quelques clichés fantasmatiques figeant pour l’éternité les grandes règles entropiques de notre monde à la fin, ce sont toujours la poussière et les plantes qui gagnent »

Durant ces expéditions, les urbexeurs immortalisent ce qu’ils voient et ce qui les touche plus personnellement pour ensuite, dans la plupart des cas, partager leurs clichés sur les réseaux sociaux. Il m’était déjà arrivé de tomber par hasard sur ce type de publication en déroulant mon fil d’actualité Facebook. Vous avez donc probablement vous aussi déjà dû apercevoir ces illustrations reconnaissables facilement de maisons laissées à l’abandon, d’usines désaffectées ou encore d’anciens hôpitaux psychiatriques dont les murs ont été consumés par les ravages du temps, sans pour autant imaginer qu’il s’agissait d’une activité artistique bien distincte. Et pourtant, l’urbex réuni un nombre important de passionnés. Nous sommes partis à la rencontre de deux d’entre eux qui ont exceptionnellement accepté de lever le voile sur cette pratique aussi mystérieuse que fascinante.
Bastien et Wunder (c’est ainsi qu’il se fait appeler dans le milieu artistique), sont deux jeunes d’une vingtaine d’année chacun qui partagent un intérêt tout particulier pour la photographie. Afin d’en savoir plus sur eux et ce qui les motivent à braver l’interdit dans un but artistique, au même titre que le grafiti par exemple, je vous invite à scroller jusqu’en bas de la page. Vous y trouverez l’interview que l’on a réalisée durant notre initiation sur le terrain.
Car oui, nous avons réellement testé l’expérience, pour vous ! (et un peu pour nous aussi, on avoue). Images à l’appui ! Nous avons mis les mains à la pâte ou plutôt les pieds dans la boue, merci à la météo belge. Mais nous avions tout prévu, bottines aux pieds nous voilà lancés dans une expédition en compagnie de nos deux éclaireurs expérimentés qui nous ouvrent le chemin.
Quelques embûches plus tard, nous nous retrouvons face à notre premier lieu, une maison abandonnée apparemment riche en contenu. Encouragés par l’impatience de la découverte, nous ne reculons devant aucun obstacle. C’est donc sans broncher que nous escaladons une première fenêtre afin de pénétrer dans ce qui s’annonce être la caverne d’Ali baba, les images promettent d’être intéressantes. … cependant, à la surprise générale, plus rien. Nada. Seulement des murs de briques dévorés par l’humidité et par le temps, ainsi que quelques outils et autres matériaux de construction disposés sur le sol, preuve de travaux passés.

Première exploration (enfin presque)

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Ce sont en quelque sorte les risques du métier. Nous apprenons à cet instant qu’il n’est en effet pas rare de découvrir qu’un lieu, autrefois riche et bien rempli, se retrouve vidé de ses entrailles pour des raisons que les explorateurs ignorent bien souvent.
Mais en tant que journalistes obstinés (qui a dit pléonasme ?), nous n’avons bien entendu pas baissé les bras suite à ce léger contre-temps. Ni une ni deux, nous voilà repartis pour une trentaine de minutes de voyage en voiture, direction une autre maison qui, selon nos deux accompagnateurs, tiendra sa promesse de nous en mettre plein les yeux.

Première exploration (la bonne cette fois) : Habitation/commerce abandonné(e).

Promesse tenue, nous n’avons pas été déçus ! Cette deuxième habitation, à l’inverse de la première, était pleine à craquer. Le terme n’est peut être pas assez représentatif, disons plutôt que c’était un véritable capharnaüm ! Voyez plutôt la photo suivante :

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C’est dans cette ambiance que nous avons évolué pas à pas de pièces en pièces. Chacune d’entre elles permettait de retracer au fur et à mesure l’histoire de la maison et de ses occupants. On est loin de la curiosité malsaine et de la dégradation, l’esprit urbex prône le respect du lieu et la conservation intégrale du patrimoine qui s’y trouve. Par conséquent on explore, on observe, on s’interroge sur ce qu’on voit mais on fait attention à bien laisser chaque chose à sa place. Même si on se demande parfois pourquoi certains objets ont cette place là. Par exemple, ces feuilles scotchées sur des armoires où l’on peut lire de l’Esperanto, une langue dite universelle.

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On tente alors de retracer l’histoire des lieux à l’aide des différents éléments que l’on découvre, à la façon d’un enquêteur sur une scène de crime. Comme si le temps s’était arrêté, tout semble figé par la poussière et l’humidité. Ces différents clichés valent probablement plus que des lignes entières d’interprétations ou d’explications vaines, je vous invite donc à les découvrir et à, vous aussi, tenter d’imaginer à quoi pouvait bien ressembler la vie qui régnait autrefois sous le toit de cette maison.

Notre expérience ne s’est pas arrêtée à cette première exploration. Dans un soucis de pertinence, nous avons souhaité visiter un endroit fondamentalement différent. Wunder et Bastien nous ont donc emmenés dans une usine désaffectée.

Deuxième exploration : l’usine désaffectée

L’intérêt de cette usine est qu’absolument tout (hors-mis peut-être les câbles en cuivres dérobés) a été laissé sur place. Aussi bien le matériel informatique et industriel de l’époque que l’intégralité des archives de l’entreprise.

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Étonnant n’est-ce pas ? Quelles raisons ont fait que tout ait été abandonné ainsi ? Pourquoi n’a t-on jamais réutilisé ce matériel aujourd’hui trop archaïque ?  C’est le genre de question que l’on pourrait se poser en visitant cet immense entrepôt fantôme plutôt bien conservé. Mais pour y répondre de nous-même, cela nécessiterait de nombreuses heures d’exploration supplémentaires au vu de la superficie impressionnante de l’usine.  Cet espace vidé de toute activité parvient tout de même à transmettre une certaine nostalgie en nous. La présence de nombreux objets, souvent industriels, datant des années 90, nous rappelle une époque passée trop vite.

L’urbex est une activité en plein essor actuellement, le nombre de blogs actifs sur le web ou de pages Facebook, Instagram et autres réseaux sociaux sur le sujet ne cesse d’augmenter jour après jour. La Wallifornie n’échappe pas à la règle et voit apparaître davantage d’adeptes de la discipline à l’intérieur de ses remparts. Il faut avouer que le patrimoine wallon, souvent délaissé par les dirigeants de nos régions, fait les beaux jours de l’urbex. Avec un peu de persévérance et beaucoup de perspicacité, il n’est pas rare de tomber sur des lieux propices à l’exploration. , Si l’envie vous prend un jour, poussé par un élan d’évasion et de création artistique, de vous mettre à l’urbex, on vous rappelle tout de même que c’est illégal mais bien souvent toléré malgré tout.

Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas prêts d’oublier notre « première fois ». Le privilège d’avoir pu suivre deux explorateurs durant une de leur sortie aura été très instructif mais aussi très éprouvant. En effet, nous avons pu constater qu’il est bien souvent impossible d’accéder à un lieu directement par la porte d’entrée. Ça serait trop facile non ? Vous devrez tantôt user de ruse, tantôt de force physique afin de pénétrer dans le lieu de votre choix. Attention par contre, une fois à l’intérieur, vous êtes officiellement en expédition. A partir de là il est important de rappeler l’un des principes fondateurs de l’urbex : Ne rien voler, ne rien dégrader et ne pas se faire remarquer. Vous êtes un fantôme et seul la curiosité vous fait avancer. Cet esprit est primordial pour la survie du patrimoine d’abord et pour la pérennité de l’activité ensuite.

Si vous avez bien assimilé cette philosophie, alors il ne vous reste plus qu’à enfiler des vieilles chaussures, vous équiper de votre appareil photo, allumer votre lampe-torche et vous armer d’un peu de patience et beaucoup de prudence et vous voilà prêts à devenir un urbexeur !

 

Interview 

Retrouvez ici l’interview de nos urbexeurs, encore merci à eux au passage.

Je vous invite également à découvrir leurs pages web respectives pour en savoir plus sur eux et leur travail.

Page Facebook Wunder : https://www.facebook.com/W.ArtProject/
Bastien : https://www.facebook.com/Gastoutartproject/

 

A bientôt, pour de nouvelles expériences Now !

 

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