Je connaissais Hesytap SQUAD seulement de nom. En fait, je connaissais Icare, le DJ du groupe.
J’ai découvert leurs premiers morceaux. Je me suis attardée sur les paroles de leurs
morceaux : j’ai écouté et écouté. J’ai eu envie de leur parler. Ils sont venus chez moi et on a
causé. Et puis là, j’étais sous le charme. Ca existe encore des mecs qui débarquent à peine
dans la vie et qui ont des trucs à partager. La jeunesse elle est pas morte, elle est même
pas endormie les gars ! Elle est bien là : forte, avec des trucs à dire.

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Ces mecs sont intelligents, ils vendent du rêve. Ils défendent leur produit bec et ongle et ils y foutent un putain de plaisir qu’on ne peut que partager. Maintenant je ne les lâche plus : ils m’ont donné le goût du rap de chez nous Ils
m’ont ouvert les yeux sur les valeurs d ‘une jeunesse qui ne lâche jamais rien et, surtout, ils m’ont donné envie de
plonger dans leur monde et de ne plus en sortir. Rencontre avec trois potes de la street.

hesytap squad by Bettina Genten

Le rap : qui hin quoi comment qui ? (Hesytap SQUAD speaking)

Hesytap SQUAD c’est trois jeunes issus de la province de Liège qui se connaissent depuis quelques années. Slyder, Absolem et Icare ont décidé de se donner une chance et s’exprimer à travers le rap. Pour eux, poser des textes sur une instru, c’est avant tout une passion. Au fur et à mesure, un intérêt pour les mots, l’analyse des rimes et le sens de la rythmique s’est développé jusqu’à devenir une partie d’eux-mêmes. Machinal. Instinctif. Puis vient le déclic et ils comprennent qu’ils sont capables de se lancer et d’exposer leurs prods au public. Le rap comme passion, comme bruit de fond de leur vie toujours planqué dans un écouteur. Et par la suite, le rap comme délire,
comme jeu, comme exutoire. Un flot (flow?) d’énergie, un moment où tout ce qu’ils veulent dire peut être dit.
Comme une zone qui flotte légèrement au dessus du sol et où ils sont libres d’être qui ils veulent, de crier peu importe ce qui leur passe par la tête. Cette démarche est strictement personnelle. Ils ne sont pas garants des idées des autres ni le porte parole d’une certaine Wallifornie. Ils écrivent pour eux : leurs ressentis, leurs désillusions et leurs espoirs. Ils n’ont aucunement la volonté de faire passer un message précis, de dénoncer les choses pour le bien de la communauté. Ecrire des textes c’est encore moins pour éduquer les gens qui nous écoutent, disent-ils.
Ils n’ont pas cette prétention, l’objectif premier n’est pas de toucher les gens ou de les sensibiliser. Le seul message qu’ils transmettent, qu’ils partagent, c’est le leur. Et ça leur suffit.

On a des choses à dire mais peut-être pas plus que n’importe qui.
– Slyder

Une écriture fluide et honnête, c’est comme ça qu’on pourrait caractériser leurs textes. Ils s’inspirent presque toujours de ce qu’ils vivent ou ont vécus. Et parfois, ils inventent ce qu’ils pourraient vivre. Mais ça part d’eux. Parce que le rap leurs coule le long des doigts. Le quotidien est minutieusement retranscrit dans leurs textes et, en prêtant une oreille attentive, on peut percuter des fragments de leurs aspirations, leurs craintes, leurs illusions. C’est comme une confidence à qui veut bien l’entendre. Ils sont soucieux de la belle rime, inquiets de trouver les
bons rythmes. Ils sont pointilleux, minutieux quant à la forme et intransigeants sur le fond. Le mélange est équilibré, l’un ne l’emporte pas sur l’autre.

L’esprit noir du Hesytap SQUAD frappera.

NOW : Est-ce que vous avez peur de l’avenir ?

Slyder : C’est sur qu’on a beaucoup de doutes, beaucoup de zones obscures quand on regarde vers l’avant. On sait pas vraiment dans quoi on se dirige, si on aura l’opportunité de faire de la musique de façon plus sérieuse peut être dans un but professionnel. Ou si à l’inverse on poursuivra les études qu’on a entamé un peu par dépit. Alors une peur réelle, non, parce qu’on aime ce qu’on fait et on garde un minimum de sécurité autour de nous. Mais un doute, très certainement. Parce qu’on a aucun idée de ce qui peut arriver demain.

Absolem :
Et même si l’avenir ça fait un peu flipper tout le monde, nous c’est surtout qu’on est jeunes et que rien n’est encore tracé concernant notre futur et que tout peut encore nous arriver.

NOW : Est ce que vous êtes fiers de vous ?

Slyder : Non. Ou pas encore en tous cas. On est en mouvement perpétuel depuis qu’on a commencé à rapper. Des artistes qu’on écoutait il y a quelques années, maintenant on le côtoie et on bosse parfois avec eux. Donc vis à vis de ça, on s’est rendu compte que ce qu’on voulait vraiment, c’était pas inaccessible du tout. On gravit des échelons petit à petit, à chaque fois qu’on pose le pied sur un, on vise celui du dessus immédiatement. On a pas arrêté notre course, on est pas prêt de s’arrêter alors on se demande pas encore si on est fiers de nous.

Absolem : Après il y a une nette différence par rapport à il y a trois ans, où on rappait dans nos chambre parce qu’on avait peur du regard des autres, on savait pas encore ce qu’on pouvait donner. Alors au final, oui, on est fier du bout de chemin qu’on a accompli. Mais on est loin de se considérer comme artistes accomplis qui n’ont
plus rien à prouver.

Ça me passe par dessus la tête de jouer aux sombres héros
– Absolem

 

NOW : Avez vous peur de dérailler dans cette toute nouvelle vie ?

Slyder : On est maitre de nos choix, on est seuls maîtres à bord par rapport à nos projets. Après c’est vrai qu’on construit deux vies en parallèle et que c’est pas toujours évident. S’investir dans nos études alors que c’est pas spécialement ce qui nous tente le plus tout en gardant nos activités artistiques c’est difficile.

Absolem : On est toujours fidèles à nous même dans ce qu’on fait. Si un jour on se dit que le rap c’est de la merde, que ça nous représente plus et qu’on préfère aller faire du jazz parce que ça nous chauffe plus, on ira faire du jazz. Et d’un autre côté, si du jour au lendemain on voit qu’on a une occasion en or de faire du concret dans la musique, on lâchera peut être les cours du jour au lendemain.

NOW : Vous écrivez souvent ?

Absolem : L’écriture occupe une grande place parce que c’est la base de tout. Parfois on écrit ensemble, mais ces temps-ci on écrit plus chacun de notre côté.

Slyder : Pour ma part je suis un peu en zone de panne. Surement vis à vis de ce que je ressens, je n’éprouve sûrement pas le même besoin d’écrire qu’à certaines périodes de ma vie. Mais surtout c’est parce qu’on frôle un coté perfectionniste. On essaye de se rapprocher en permanence de la perfection dans nos textes. On est
un peu en train de se demander si c’est vraiment ce style de rap qu’on veut faire. On découvre un peu nos possibilités dans le domaine et on essaye de voir si la façon de placer la rime qu’on a, c’est celle qu’on
recherche réellement.

Absolem : On a eu des moments où on écrivait beaucoup plus, c’est vrai. Mais le rap ça reste au quotidien, on rap très très souvent. Donc même si on ne sort pas des textes de feu qui vont faire un son, on arrête jamais de sortir des petits textes au final.

Slyder : Et dans tous les projets qu’on a sur le côté, on sent qu’on gravit l’échelle. Donc tout ce qu’on avait l’habitude de faire avant, ça a un point plus sérieux maintenant. Donc on ne peut pas se permettre d’être aussi laxiste qu’avant. Ce qu’on montre de notre potentiel maintenant, c’est peut être (on l’espère) ce qui va nous faire découvrir du grand public. On est obligé de viser la perfection.

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Je ne m’attendais pas à ça. Je ne pensais pas que j’allais pouvoir en apprendre autant d’eux et qu’ils allaient m’épater autant. Je les ai vu débarquer avec leurs trainings et leurs casquettes Ralph Lauren et je découvre, sous ce look tout droit sorti d’un starter-pack Genuine Rap Inside, qu’il y a non seulement une conscience musicale mais aussi des vrais idéaux qui jalonnent leurs productions. Hesytap SQUAD est occupé à monter
un projet solide : un cd 8 titres qui devrait sortir avant l’été. Et il y aura du monde sur la galette puisqu’on
y retrouvera la participation active de Phasm qui bosse au studio 87 sur Bruxelles et qui compose la plupart de leur instrus (en attendant Icaro qui se dore la pilule, oui oui!) mais aussi la participation de plusieurs rappeurs qui ont pris beaucoup de plaisir à venir poser quelques featurings. Peut-on parler de phénomène interplanétaire pour ces petits babes du rap qui ont bénéficié de la participation de beatmakers venant de France et de la côte Est des Etats-Unis ? Ou je vais trop loin ?
Et entre le moment où j’ai fait leur interview et le mois d’avril où ça sera le moment de la sortie de leur projet, ils ne se sont pas arrêtés en chemin. Un clip est déjà sorti et régulièrement ils participent à des freestyles et sont sur la balle à tout moment ! En me lançant dans ce projet, j’ai pu voir qu’on se bouge le cul en Wallifornie et que le Rêve n’est pas mort ou pas encore ! J’ai pu voir de la passion, de l’envie, de l’ambition, du dépassement. Je leurs souhaite d’aller le plus loin possible, de jamais rien lâcher. Parce que quand on les écoute, ça amène une touche d’espoir, ça
donne le sourire. Moi c’est ce que j’ai envie de voir dans leur démarche, j’espère que vous y trouverez aussi d’aussi belles choses. Le moment venu, vous découvrirez sur nowmagazine.be (ou sur l’application, téléchargez-la maintenant!) sur un plateau de vibes avec un clip tout frais du Hesytap SQUAD avec Venlo et Kaer de Straflam en special guests, Tout ce beau monde rappant sur une prod d’Icare alias Malak et Ur Dead. Ca va être bon, bon, bon, les copains et on va flexer sa mère !

Merci les gars. Big up !

Où les trouver ?

Retrouvez HESYTAP Squad sur Facebook : https://www.facebook.com/HesytapeSquad/
Ou sur le Tube, évidemment : http://bit.ly/HesytapSquad
Slyder a un Soundcloud : https://soundcloud.com/slyder356

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