Bien plus que “se déguiser en homme” : questionner les notions de genre

Les drag queens, on connaît bien. Que l’on ait soi-même assisté à un spectacle dans un cabaret ou qu’on ait seulement vu une scène de film dans un club gay où le héros, flic dépressif et alcoolique, enquête sur une disparition, on se figure le topo dans les grandes lignes, et non sans clichés. Des hommes maquillés à outrance, vêtus de mini robes moulantes à paillettes et perchés sur des talons de douze centimètres campent des personnages flamboyants de bimbos, mimant des postures censées représenter “la femme”, tandis qu’un public, souvent composé de mâles, rit de bon cœur, se tape les cuisses, s’enfile des verres et repart tout satisfait d’avoir passé une soirée divertissante au possible. Les drag kings, cette pratique qui consiste à se “transformer” temporairement en homme, par contre, on connaît moins. Dans ce cas, il ne s’agit pas tant de proposer un spectacle inverse, à savoir des femmes (le plus souvent, mais pas forcément) revêtir des attributs dits masculins, que de proposer un questionnement plus large sur le(s) genre(s). Des paillettes si vous voulez, des fausses barbes sûrement, mais surtout de la réflexion, de la déconstruction.

 

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