Liégeois, Laurent Meurice est un photographe pro et de passion. Pendant 10 ans, il a fait partie du duo délirant Cravat & Bada, carambouilleur de la photographie, amoureux des photomontages, qui nous illusionnait à coups de couleurs hyper saturées. Aujourd’hui, il revient solo, à la recherche de l’essentiel, faisant de la photo une vérité. Son plan, il nous l’explique.

Parle-nous de ton projet.

L.M.: Je reviens d’un séjour en Slovaquie où j’ai pu découvrir Runina, un village de 75 habitants isolé de tout, à deux pas des frontières Ukrainienne et Polonaise. L’endroit est vraiment spécial à mes yeux, socialement et culturellement. Le village se situe en pleine nature, sauvage et brute de décoffrage. J’y ai passé 2 jours où c’était vraiment l’aventure: quelque chose de très différent de ce qu’on trouve par chez nous. J’y ai forcément fait des rencontres, très enrichissantes. Les gens là-bas ont un tel respect pour la nature que cela en devient émouvant.

J’ai pour projet de photographier ces habitants en m’immisçant dans leur vie, en dormant chez eux, en vivant comme eux, en voyant la chose de l’intérieur. Je voudrais montrer cette facette de l’Europe si simple, naturelle, sans fioritures.

Pour moi qui vit en Belgique avec tout ce que ça implique (je pense entre-autres à la consommation à l’excès), cela m’apporte un coté « rassurant » et limite « apaisant » de savoir que des endroits comme ça existent encore. Ça sonne comme un cliché mais je ne sais pas comment le tourner autrement.

Mon but est de partager cette expérience, cette leçon de vie avec le plus grand nombre, peut être par un blog, des expositions, pourquoi pas par un livre.

D’où t’est venue cette idée de partir photographier un village en Slovaquie?

L.M.: J’avais besoin de respirer, de me retrouver loin de tout. J’ai un ami Belge qui est parti s’installer là-bas il y a quelques années. Après plusieurs invitations de sa part, je me suis finalement décidé à y aller. Il m’avait parlé de ce village à une centaine de kilomètres de chez lui comme étant quelque chose d’étonnant, de simple et en pleine nature. Il ne m’en fallait pas plus.

Quelles sont tes influences? Qu’est-ce qui t’inspire?

L.M.: Un photographe que j’admire beaucoup est Martin Parr. Sa photographie, c’est du BRUT! Pas de filtres instagram et compagnie! Et c’est tellement moche que cela en devient magnifique! Pas de chichis, pas de blablas… Juste des images.

Que cherches-tu à photographier? Que veux-tu transmettre par tes clichés?

L.M.: Les gens. Je suis un adepte des portraits. Le regard est tellement puissant, il amène le spectateur à s’imaginer une histoire, vraie ou pas. Au hors-champ aussi, à ce qui n’est pas dit ou ne peut se dire.

 

T’as compris: c’est beau, authentique, et ça a le mérite d’être partagé. Et si t’as les moyens d’être généreux ou un carnet d’adresses sympa pour le soutenir, on te garantit que t’auras sa reconnaissance éternelle. Rien que ça.

 

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